Traitement des tours aéroréfrigérantes
Un circuit de refroidissement ouvert concentre les sels dissous et réchauffe l'eau : ce sont les deux conditions idéales de l'entartrage, de la corrosion et du développement des légionelles. Nous concevons et pilotons le traitement qui neutralise les trois.
Le traitement d'une tour aéroréfrigérante consiste à maîtriser simultanément trois risques dans un circuit qui évapore de l'eau en continu : l'entartrage des surfaces d'échange, la corrosion des métaux, et la prolifération bactérienne — dont Legionella pneumophila. Ces trois volets ne se traitent pas indépendamment : un dispersant mal dosé libère un biofilm protecteur, un biocide oxydant mal maîtrisé accélère la corrosion.
Pourquoi une TAR se dégrade si vite
Le principe même de la tour est de refroidir par évaporation. L'eau part en vapeur, les sels minéraux restent. À chaque tour de circuit, la concentration en calcium, en bicarbonates, en chlorures et en silice augmente. Sans purge maîtrisée, l'eau finit par dépasser sa limite de solubilité et le carbonate de calcium précipite sur les surfaces les plus chaudes — précisément là où l'échange thermique doit se faire.
Trois mécanismes se superposent :
- L'entartrage. Le tartre est un isolant thermique. Quelques dixièmes de millimètre sur un condenseur suffisent à faire chuter le coefficient d'échange et à faire remonter la pression de refoulement du groupe froid — donc sa consommation électrique.
- La corrosion. Aération permanente, température, chlorures concentrés, écarts de pH : un circuit ouvert est un environnement corrosif. Les piqûres sur l'acier et la dézincification des alliages cuivreux percent les échangeurs et relâchent des produits de corrosion qui nourrissent le biofilm.
- Le biofilm et la légionelle. Entre 25 et 45 °C, avec des nutriments et un support, les bactéries s'organisent en biofilm. La légionelle s'y développe à l'abri des biocides, notamment à l'intérieur d'amibes. La tour, qui produit des aérosols par conception, devient alors un vecteur de dispersion.
Notre protocole de traitement
Nous ne posons pas un dosage standard sur une installation que nous ne connaissons pas. La séquence est toujours la même :
1. Analyse de l'eau d'appoint et de l'eau de circuit
Nous mesurons le titre hydrotimétrique (TH), le titre alcalimétrique complet (TAC), la conductivité, le pH, les chlorures, les sulfates, la silice, le fer et le cuivre. Ces valeurs déterminent le cycle de concentration admissible : c'est-à-dire jusqu'où l'eau peut se concentrer avant que le tartre ne précipite. Tout le reste en découle.
2. Réglage de la purge de déconcentration
La purge est le levier le plus économique et le plus souvent mal réglé. Trop faible, elle laisse l'eau se concentrer jusqu'à l'entartrage. Trop forte, elle gaspille de l'eau, de l'énergie et des réactifs. Nous l'asservissons à une mesure de conductivité en continu, avec un point de consigne calculé à partir de l'analyse — pas sur une valeur reprise d'une autre installation.
3. Conditionnement chimique
Sur la base du cycle retenu, nous mettons en place un inhibiteur d'entartrage et de corrosion adapté à la métallurgie réellement présente dans le circuit (acier, cuivre, inox, alliages cuivreux), associé à un dispersant qui maintient les particules en suspension jusqu'à la purge.
4. Traitement biocide
Le contrôle bactérien repose sur une alternance entre un biocide oxydant, qui assure la désinfection de fond, et un biocide non oxydant, qui pénètre le biofilm là où l'oxydant est consommé en surface. L'alternance évite aussi la sélection de souches résistantes. Le dosage tient compte de la demande en oxydant du circuit, pas d'une concentration théorique.
5. Surveillance et traçabilité
Relevés de conductivité, pH et résiduel biocide, analyses de Legionella pneumophila et de flore totale, contrôle visuel du garnissage et du bac. Chaque intervention alimente le carnet de suivi de l'installation.
Ce que la réglementation exige
Les tours aéroréfrigérantes relèvent de la rubrique 2921 de la nomenclature des installations classées. Les prescriptions applicables figurent dans les deux arrêtés du 14 décembre 2013 (régimes de l'enregistrement et de la déclaration). Les points structurants pour l'exploitant :
| Obligation | Ce que cela implique |
|---|---|
| Analyses de L. pneumophila | Au minimum mensuelles pendant toute la période de fonctionnement, selon la norme NF T90-431. |
| Seuil de 1 000 UFC/L | Seuil d'action : il faut ramener la concentration sous 1 000 UFC/L dans l'eau du circuit. |
| Seuil de 100 000 UFC/L | Dépassement majeur : information immédiate de l'inspection des installations classées, arrêt, nettoyage et désinfection. |
| Analyse méthodique des risques | AMR à établir et à tenir à jour, avec un plan d'entretien et de surveillance. |
| Formation du personnel | Toute personne impliquée dans l'exploitation doit être formée au risque légionelles, avec un renouvellement tous les 5 ans. |
| Carnet de suivi | Traçabilité de toutes les interventions, analyses et anomalies. |
Nous prenons en charge le volet traitement et surveillance de ces obligations, et nous vous livrons les éléments qui alimentent votre dossier en cas de contrôle. Le détail des textes est développé sur notre page réglementation légionelle et ICPE 2921.
Réduire les produits chimiques
Sur certaines configurations, le traitement électromagnétique Acquaprocess permet de réduire la part chimique du conditionnement anti-tartre. Ce n'est pas une solution universelle : elle agit sur l'entartrage, pas sur la désinfection réglementaire d'une TAR, qui reste obligatoire. Nous vous disons franchement si votre installation s'y prête ou non.
Ce que vous devez en attendre
- Des surfaces d'échange propres, donc un rendement du groupe froid maintenu dans le temps.
- Des résultats d'analyses légionelles stables sous le seuil d'action, sans à-coups.
- Une consommation d'eau et de réactifs cohérente avec le cycle de concentration, et non subie.
- Un dossier de surveillance présentable à l'inspection sans reconstitution de dernière minute.
Ce que l'on nous demande le plus souvent
À quelle fréquence faut-il analyser les légionelles sur une tour aéroréfrigérante ?
Au minimum une fois par mois pendant toute la période de fonctionnement de l'installation, conformément aux arrêtés du 14 décembre 2013 relatifs à la rubrique ICPE 2921. Les prélèvements sont réalisés selon la norme NF T90-431 et confiés à un laboratoire accrédité.
En phase de remise en service ou après un dépassement, la fréquence est renforcée.
Que se passe-t-il si le seuil de 100 000 UFC/L est dépassé ?
Il s'agit d'un dépassement majeur. L'exploitant doit informer immédiatement l'inspection des installations classées, arrêter l'installation, procéder à son nettoyage et à sa désinfection, puis vérifier par analyse le retour à une situation maîtrisée.
Le détail de la conduite à tenir est décrit sur notre page dépassement de seuil légionelle.
Peut-on traiter une tour aéroréfrigérante sans produit chimique ?
Partiellement. Un traitement physique comme l'électromagnétique agit sur l'entartrage et limite le biofilm, ce qui réduit la charge chimique anti-tartre. Mais la désinfection d'une TAR reste une obligation réglementaire et suppose un traitement biocide maîtrisé. Nous vous dirons si votre installation permet une réduction, et de quel ordre — sans vous vendre un « zéro chimie » qui ne tiendrait pas au contrôle.
Comment est fixé le cycle de concentration de mon circuit ?
Il est calculé à partir de l'analyse de votre eau d'appoint : TH, TAC, chlorures, silice et conductivité. Ces paramètres déterminent à quelle concentration l'eau devient entartrante ou corrosive. Le cycle retenu est le meilleur compromis entre économie d'eau et protection de l'installation — c'est un calcul, pas un réglage par défaut.
Intervenez-vous en dehors du Tarn-et-Garonne ?
Oui. Nous intervenons depuis Montauban sur l'ensemble de l'Occitanie : Haute-Garonne, Lot, Gers, Aveyron, Tarn et Lot-et-Garonne, avec une astreinte technique sur demande.
Pour aller plus loin
Réglementation ICPE 2921
Les obligations de l'exploitant d'une tour aéroréfrigérante, texte par texte.
Lire la synthèsePurge de déconcentration
Comment se calcule un cycle de concentration, et ce que coûte un mauvais réglage.
ComprendreAnti-tartre & anti-corrosion
Le conditionnement des circuits fermés et semi-ouverts.
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